Presse

13 Feb 2007

Foofwa d’Imobilité cherche et finit par trouver Corina Pia au hasard pressculé d’un duo de danse «Césure» évoque ce qui coupe et sépare

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Tribune de Genève By Benjamin Chaix
«Au public de recoller les morceaux. Foofwa d’Imobilité aime les gens. Notre lauréat genevois du «Prix suisse de la danse et de la chorégraphie 2006» vient reconnaître qui est au bar du Galpon, quelques minutes avant son spectacle. Sur scène, il est un autre homme. Ou une autre bête. Car le danseur emprunte ses attitudes à un animal qu’il aime et qu’il observe, le chien, pour venir houspiller sa partenaire Corina Pia. Fruit d’un travail et d’une concentration que l’on devine considérables, le duo de ces danseurs ressemble à une recherche effrénée de la fusion entre deux créatures peu faites pour s’entendre. La femme est raide et figée dans des positions à quatre pattes. Elle est armée d’une paire de ciseaux cassée en deux. Comme elle, l’homme est partiellement vêtu de dentelles qui lui collent à la peau. Quand il parvient enfin à empoigner sa partenaire, on ne peut plus dire quel bras va avec quel corps. Cette Césure doit beaucoup au butô, art physique japonais qui crée volontiers l’illusion d’une métamorphose de l’homme en bête rampante ou bondissante. C’est Corina qui connaît ça depuis le plus longtemps. Sans être nippon, l’héritage de Merce Cunningham permet à Foofwa d’entrer dans cette danse-là avec la fougue et le goût pour l’insolite qu’on lui connaît. «Dites-moi si + quand vous venez! Ça sera bestial», prévenait à juste titre le texto de Foofwa, envoyé à ses spectateurs les plus fidèles.»