Dancewalk – Du vert sinon j’étouffe 2019

De Paris-Bastille à Mandres les Roses, quatre êtres dansent une trentaine de kilomètres en quatre jours sur les traces du “Train des roses” qui acheminait à Paris les fleurs cultivées à Mandres.

La Dancewalk, cette danse de la bipédie et du voyage, est l’occasion de célébrer la vie et l’être-ensemble par le corps en mouvement le 13 avril lors de l’ouverture au public et à toutes les mobilités du dernier tronçon de la Tégéval.

Elle est aussi l’occasion de crier par le corps l’état d’urgence climatique lors des trois performances diffusées en direct sur les réseaux sociaux les 10, 11 et 12 avril dès 9 heures du matin.

Interaction directe avec l’environnement et les citoyens, geste dans la réalité de l’espace urbain, manifeste de l’être et de l’action, ‘Dancewalk – Du vert sinon j’étouffe’ demande à ce que la vie renaisse sous nos pieds dansants.

20e Biennale de danse du Val de Marne

10 avril 2018 – Dès 9h : Dancewalk — De l’air sinon j’étouffe

Danse de 6 kilomètres à 4 danseureuses le long de La Coulée verte René-Dumont entre Bastille et le Château de Vincennes, premier tronçon de l’ancienne voie de chemin de fer ‘Le train des roses’ reliant Paris-Bastille à Villecresnes

Retransmise en direct sur Facebook.com/fneopost

Cette première Dancewalk pourrait s’appeler ‘L’Espoir’.
Tout en suivant « La Coolée Verte Renaissance-Dumonde », nous initions notre Dancewalk, cette danse du voyage et de la bipédie, par une randonnée de mouvements intérieurs en lien avec notre environnement. C’est-à-dire commencer par se balader au fond de soi-même avant de sauver le monde.

Faire une promenade en son for intérieur, à l’écoute de sa nature, à l’affût de ses idiosyncrasies, loin de toute injonction des civilités contraignantes, et voir ce que notre corps ‘esprime’. Faire une danse, loin de tout esthétisme, sous l’unique autorité de son petit microcosme à soi, ceci afin de retrouver cette humilité et cette empathie fondatrices de l’action (éthique) dans le monde. Et peu importe si on a l’air foufolle, bête ou moche, tant qu’on est vraie et imprévisible comme cet insecte, tant qu’on retrouve notre liberté intrinsèque grâce à ce papillon, tant que cette excursion chorégraphique nous éloigne de toute productivité destructrice de planète.

Nous communi(qu)ons aussi avec les gens que nous croisons. Mais surtout nous nous adressons aux spectateur-trices nous suivant en direct sur les réseaux sociaux. Nous emportons avec nous une caméra-témoin, nous nous filmons les unes les autres à tour de rôle avec une caméra envisagée comme la sonde d’une ethnologue étudiant des êtres sauvages et culturels hors des codes de l’art et de la civilisation normatives.

Prendre le temps de danser le temps subjectif, sentir nos cinq sens (six si on compte le sens kinesthésique) le long de nos cinq à six kilomètres, lentement, lentement sans se soucier de notre montre(-le-temps-objectif).  Au sein de notre petite société de quatre danseureuses, demeurer solidaires les unes des autres, respecter l’allure des plus lentes, trouver des ententes pour avancer ensemble, sans qu’aucune pourtant n’aie à abandonner son être sentant-pensant-émotionnant imprévisible, à l’écoute du monde intérieur et de la vie extérieuse (malgré touf).

11 avril 2018 – Dès 9h : Dancewalk — L’univers sinon j’étouffe

Danse d’environ 12 kilomètres à 4 danseureuses du Château de Vincennes à Créteil, deuxième tronçon de l’ancienne voie de chemin de fer ‘Le train des roses’ reliant Paris-Bastille à Villecresnes

Retransmise en direct sur Facebook.com/fneopost

Cette deuxième Dancewalk pourrait s’appeler ‘Matriartistique’.
Nous n’irons pas par quatre chemins: nous demandons que nos sociétés se transforment d’un patriarcat à un ordre matristique, ou mieux ‘matriartistique’. Au mal-point où nous sommes, allons droit au but: pour sauver la terre, il faut une société plus yin que yang, il faut qu’on fasse confiance à celles qui donnent la vie pour diriger les opérations du sauvetage de la vie.

Foofwa, en tant qu’homme chorégraphe directeur, travaille avec 3 danseuses-interprètes assez libres et responsables pour insuffler cet esprit ‘fémiyiniste’ et ‘matriartistique’ primordial à notre sauvetage.

Ainsi, nos quatre corps vivants-sentants-pensants-émotionnants nous somment de nommer les dérives d’une civilisation écocide. Nous ne voulons plus d’être ces danseureuses muettes devant l’urgence climatique. Nos corps décrient chaque destruction, chaque disparition de vie. Nos corps crient « ni un degré de plus ni une espèce en moins ». Nous frottons notre peau au bitume, nous baisons les merveilles de la nature, nous pleurons les espèces qui disparaissent, nous dansons la vie là tout près de nous.

En continuant la traversée de la ville vers Créteil, nous occupons l’espace par nos mouvements revendicateurs, nous résistons par nos présences non-formatées, nous désobéissons civilement par nos attitudes anti-productivistes. Nous sommes les disciples matriartistiques d’une ère où la mère et la terre sont synonymes de création, vie et don.

12 avril 2018 – Dès 9h : Dancewalk — Du possible sinon j’étouffe

Danse d’environ 6 kilomètres à 4 danseureuses de Créteil à La Biche Aux Bois, troisième tronçon de l’ancienne voie de chemin de fer ‘Le train des roses’ reliant Paris-Bastille à Villecresnes

Retransmise en direct sur Facebook.com/fneopost

Cette troisième Dancewalk pourrait s’appeler ‘Mépris Violence’.
Nos corps manifestent d’eux-mêmes: ils ressentent dans leurs cellules le cynisme, le mépris et la violence des gouvernements non seulement face à l’urgence climatique mais aussi aux injustices sociales. Ces deux thèmes sont liés. En tant que compagnie helvétique, nous dédions chacun de nos pas à Gen(evi)ève Legay et aux plus de 2000 blessés par les forces de l’ordre, en nous excusant car les flashballs sont fabriqués en Suisse; mais nous venons soutenir la proposition de référendums d’initiative citoyenne, puisque, chez nous, chaque trois mois nous votons.

Nos pieds dansants en foulant les excès des dominants citent et paraphrasent Pierre Bourdieu (La Misère du Monde), Edouard Louis (Qui a tué mon père), Ludivine Bantigny, Edwy Plenel, et d’autres. Nous jouons aussi au théâtre en buvant des boissons au glyphosate, en mangeant des barres de déchets nucléaires, en portant des « Masques Antipoll(utions) » et des « Jupes Jaunes(-roses-vertes) » en ralliement aux mouvements sociaux et manifestations écologistes de ces derniers mois, (tout en nous distanciant des dérives de certains extrémistes de droite).

Une dancewalk peut aussi être une manifestation de corps fragiles, abattus comme des bêtes, détruits comme des forêts, qui accusent l’histoire politique.

13 avril 2018 : Dancewalk — Du vert sinon j’étouffe

Danse de 5 kilomètres sur le Tégéval de la forêt de La Grange jusqu’aux serres du GPSEA (Grand Paris Sud Est Avenir) à Mandres-les-Roses
Les 4 danseureuses seront accompagnées par les participant-es des ateliers Dancewalk de la semaine

Ouvert à tout un chacune, de toutes les âges et les mobilités
Point de départ : 14h30 au parking ONF de Yerres
Durée : environ 2h
A l’arrivée aux serres, une collation sera offerte

Cette quatrième Dancewalk pourrait s’appeler ‘Bonheur Malgré Touffe’.
Par notre promenade dansée sur la Tégéval, nous passons du monde des fous au monde des fougères. Nous communiquons avec les arbres, les oiseaux, les insectes et les humains grâce à nos corps dansant dans la joie de l’être-ensemble. Car ces arbres centenaires ou millénaires, ça force le respect et ça s’honore: nous leur chantons, entre autres, Rendez-nous la lumière de Dominique A, Aujourd’hui de Camille, Pour la nature de Barbara Carlotti, L’univers, Sacré géranium et La transformation de Dick Annegarn.

Nous nommons aussi les initiatives citoyennes et politiques vers un monde plus écologique, respectueux de la nature. Et surtout nous dansons, nous dansons, en avançant vers la seule révolution possible, celle du retour à la vie et au respect de chacune sur terre. Car on n’arrête pas un peuple qui danse.

Photos / Videos

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Train-Bantigny

Crédits

Dancewalk – Du vert sinon j’étouffe
Concept Foofwa d’Imobilité
Dancewalkeur.euse.s Marie Barriol, Sophie Lèbre, Foofwa d’Imobilité, Alizée Sourbée et un groupe de participants amateurs
Production Neopost Foofwa
Administration/Communication Sylvia Jagdeep
Diffusion/Production Patricia Buchet
Partenaire La Briqueterie – CDCN du Val de Marne, dans le cadre de la 20e Biennale de danse du Val de Marne, en co-réalisation avec le service culturel de la ville de Villecresnes
Soutiens Centre culturel suisse de Paris, SMER-La Tégéval, Corodis
Neopost Foofwa et le Projet GLocal (2018-2020) bénéficient d’un soutien conjoint de la Ville de Genève, de la République et canton de Genève et de Pro Helvetia – Fondation suisse pour la culture.

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