Pratiques anti-utilitaristes

 

lumière et pétrole

 

espace public et social

 

/Inutile: Don Austérité 3 2016

/Inutile: Don Austérité 3 envisage un déploiement spatio-temporel en trois parties explorant le théâtre dans son entièreté. Ces trois espaces permettent, entre autres, l’exploration de pratiques anti-utilitaristes de l’action.

La première partie évolue dans un espace ouvert et publique qui coexiste avec la réalité environnante. Il avance que la culture est jeu, que le jeu est don et que le lien social peut être un mode ludique de l’existence. La chorégraphie propose également une relation particulière aux objets, en tant qu’interface au monde.

Les costumes permettent à chacun de choisir son mode d’apparaître à l’autre, notamment en imprimant, dessinant, peignant des informations plus personnelles ou intimes sur cette deuxième peau qu’est l’habit.

Le dispositif sonore à l’extérieur est déployé dans la cour de récréation; une voix se détache ou se mêle aux sons urbains du moment présent.

La partie centrale propose un environnement au coeur de l’espace théâtral plutôt qu’une relation scène-public normative. Elle tente l’expérience de l’être tel quel, de la nudité morale pour en faire don en réponse à l’austérité et à la division. On se trouve au seuil du contact avec l’autre, comme si une suspension du temps permettait à la communicabilité du regard, du visage et des mains de s’épanouir.

Les acteurs évoluent au sein d’une sculpture lumino-kinétique où la lumière nécessaire à la vie est condamnée par un pacte faustien avec le pétrole, où elle se transforme, s’englue et laisse transparaître quelques moments de grâce, en allant à sa perte.

Le dispositif sonore à l’intérieur tire partie de contraintes et de spécificités liées à la scénographie et révèle certains sons « domestiques » du théâtre.

La troisième partie met en scène l’après-spectacle pour que la théâtralité se fonde dans la réalité. Elle met en jeu des pratiques d’échange et de générosité entre spectateurs et acteurs. Ces pratiques nous rappellent que les ressorts de l’action ne sont pas régis uniquement par l’intérêt et l’utilitaire, mais par la reconnaissance de chacun en tant que sujet et par le partage avec l’autre.

Photos / Videos


Première – ADC – mardi 17 mai 2016


Fête de la Danse 2016 – 14 et 15 mai 2016

© Gregory Batardon

Press

Le Temps
L’enfer selon le chorégraphe Foofwa d’Imobilité

Au poulailler, les spectateurs! Et les danseurs avec! Le chorégraphe genevois Foofwa d’Imobilité a des coups de crête qui frappent. Ce samedi encore, lui et son complice Jonhatan O’Hear vous entraînent dans un périple poétique et déroutant à la fois, une immersion dans un enfer qui évoque celui de Dante et d’autres plus contemporains. Sous leurs ordres, huit garçons et filles à peine sortis d’une école de danse vivent Don d’austérité.

Le Courrier
Du sens de l’inutilité

Dans le cadre du premier volet ­Utile de son projet avec de jeunes danseurs (notre critique du 17 décembre 2015), Foofwa d’Imobilité revisitait l’histoire de la modernité en danse pour livrer à la Comédie de Genève un grand moment chorégraphique empli de fantaisie. Mardi soir, la deuxième étape de ce projet prévu sur trois ans, intitulée Inutile: Don Austérité 3, se déroulait d’abord en extérieur dans la cour de la Salle des Eaux-Vives de l’Association pour la danse contemporaine, à Genève.

Journal de l'ADC N° 69
Journal de l'ADC N° 69

En novembre 2015, invitée pour cinq jours au Centre culturel suisse de Paris qui fêtait ses 30 ans avec le monumental programme Performance Process, la compagnie Neopost Foofwa a répondu par une occupation en continu: 123 heures de vie et de création sous le titre /Inutile : Don Austérité 2. Les deux directeurs hautement complices de la compagnie genevoise, Foofwa d’Imobilité et Jonathan O’Hear, étaient visitables jour et nuit ; ils dormaient, mangeaient, travaillaient là, dans un espace constamment ouvert au public, l’un ayant coupé sa connection internet, l’autre pas ; l’un obéissant aux rythmes jour/nuit usuels, l’autre s’étant imposé une alternance artificielle 20 heures de jour/10 heures de nuit.

Credits

/Inutile : Don Austérité
Concept Jonathan O’Hear, Foofwa d’Imobilité
Don d’apparition Laura Alzina, Charlène Bonnet, Laura Dicembrino, Anne Delahaye, Elina Kariya, Sophie Lebre, Foofwa dit Mobilité, Jonathan O’Hear, Evita Pitara, Rudy Sbrizzi, Juliette Valerio
Cadre chorégraphique Foofwa d’Imobilité
Espace lumino-kinétique Jonathan O’Hear
Offrandes Steve Louis Leguy, la vie sauvage*
Son Thierry Simonot
Conseils costumes Aline Courvoisier
Production Neopost Foofwa
Co-production ADC – Association pour la Danse Contemporaine
Partenaires CCS – Centre Culturel Suisse de Paris, Fête de la Musique, Tanzhaus Zurich
Remerciements

OisÍn O’Hear, Shana O’Hear, Martin Rautenstrauch, Soursar, Raphaële Teicher, Michèle Pralong, Violaine Clément, Ava Isadora, La Police municipale de Lancy

Neopost Foofwa et le Projet Utile / Inutile (2015-2017) bénéficient d’un soutien conjoint de la Ville de Genève, de la République et canton de Genève et de Pro Helvetia – Fondation suisse pour la culture.
La vie sauvage est un collectif d’artistes fondé en 2013 par Michael Hofer et Christian Bili rejoints par Stephanie Suter et Vasco Santo. Cette structure a pour objectif la mise en commun et l’accès public à des expériences de mise en conscience dans le corps et la psyché.

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